Abysses amerveuilleuses

Les espaces clos convergent vers nos infinis desseins
Un seul souffle à l’envers 
Et tout s’enfuit sauf l’immédiat.
Les autres auront crevé, 
se seront crevés les yeux 
affublés du devoir insensé d’être mortels.

Le liquide lucide sortira par nos orbites
et laissera pénétrer vers nos sens sans vertu
Les impressions de la matière intangible
Sans le tamis pudique de nos yeux consternés.
Les contours de la pièce seront des marées absurdes
Les murs lézardés lècheront nos os lumineux
Enfermant nos grâces et nos somptueux supplices accélérés
Ils s’esclafferont devant un monde qui 
ne sachant accueillir l’aliénation qui nous lacère
Coule entre nos doigts vers les failles du plancher.

Les ondes fluides décorent les sons qui nous enterrent
Sous les ampoules hallucinogènes
Où est le centre de cet univers que nous avons arraché
De son axe, des actions, cent axiomes inacceptables
Il sourit aux intonations des soupirs licencieux
Et nous sommes dans ses limbes libres 

Le faste qui enlumine nos gestes si simples 
Sous l’impulsions de révolutions microscopiques
est celui que produisent à l’unisson 
Nos regards pourpres désamorcés

Où allons nous dans des eux si profondes
Où seront les rivages de bitume qui mèneront 
aux avenues des grandes villes infectieuses?
Que seront devenues les simagrées mûries
Des esprits enfantins?

Les rivages fangeux du monde réel.
Les eaux calmes d’une vieille contrée d’où nous sommes partis.

Qu’avons-nous fait du reste?
Tous auront suivi ou déserté, 
Déversé leur bile sur nos voyages aberrants
Ou embrassé nos danses spasmodiques

Un excès n’en sera pas un, 
tant qu’il y aura l’espace d’une demi particule 
entre nous
et le fond irrécupérable des abysses amères.